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Le statut de l'auteur à l'ère numérique (FRQSC)

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Les interrogations sur le statut de l’auteur à l’ère du numérique constituent un enjeu de société majeur qui concerne aussi bien les communautés d’écrivains que de lecteurs : puisque l’auteur est celui qui fait autorité, comment repenser le processus de validation et de légitimation des contenus littéraires aujourd’hui publiés en ligne ?

Les interrogations sur le statut de l’auteur à l’ère du numérique constituent un enjeu de société majeur qui concerne aussi bien les communautés d’écrivains que de lecteurs : puisque l’auteur est celui qui fait autorité, comment repenser le processus de validation et de légitimation des contenus littéraires aujourd’hui publiés en ligne ?

En 1993, Mark Rose (Rose, 1993) analysait l’invention du concept moderne d’auteur, et démontrait que ce dernier n’avait pas de valeur absolue et intemporelle, mais qu’il s’était au contraire développé au XVIIIe siècle à cause des besoins concrets et plus particulièrement économiques de l’édition papier alors émergente. Il concluait en affirmant que la fonction « auteur » (et en particulier le système de copyright) était encore trop importante dans notre culture pour que l’on puisse l’abandonner. Or avec la naissance et la diffusion du web, de nouveaux modèles de production et de circulation des contenus plaident en faveur d’une réévaluation du concept d’auteur : les polémiques sur le rôle de l’auteur en tant que producteur de contenus originaux se multiplient (on se souviendra, en 2010, de la polémique déclenchée par la parution de l’ouvrage de Michel Houellebecq, La Carte et le territoire, où l’auteur avait recopié des passages entiers de l’encyclopédie Wikipédia) ; des systèmes de production collective torpillent la notion d’auteur conçu comme entité créatrice singulière (en Italie, un collectif d’écrivain publie depuis une quinzaine d’années des romans sous le pseudonyme Wu-Ming, « anonyme » en chinois) ; enfin l’auteur, en tant que personnage, fait l’objet d’une mise en scène ludique sur le web (au Québec notamment, on citera le cas de Victoria Welby, Pharaon Parka, Les Fourchettes, qui s’exposent sur les réseaux sociaux).

Il est capital d’analyser ces nouveaux modèles afin de comprendre comment les nouvelles technologies affectent le concept d’auteur.

Publications en lien avec le projet de recherche :

  • Marcello Vitali-Rosati, « Auteur ou acteur du Web? », Implications philosophiques, 10 juillet 2012, en ligne
  • Marcello Vitali-Rosati, « Digital Paratext : Editorialization and the Very Death of the Author », dans Nadine Desrochers et Daniel Apollon (dir.), Examining Paratextual Theory and its Applications in Digital Culture, Information Science Reference, 2014, p. 110-127, en ligne
  • Marcello Vitali-Rosati, « The Writer is the Architect. Editorialization and the Production of Digital Space », Sens Public, 15 décembre 2017, en ligne
  • Servanne Monjour, « L'écrivain de profil(s)... Facebook. Réflexion autour d'une photographie de profil de Victoria Welby », dans David Martens, Jean-Pierre Montier et Anne Reverseau (dir.), L'écrivain vu par la photographie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017, en ligne
  • Servanne Monjour, « Dibutade 2.0 : la "femme-auteur" à l’ère du numérique », Sens Public, 24 septembre 2015, en ligne
  • Ariane Mayer et Nicolas Sauret, « L’autorité dans Anarchy. Les constructions de l’autorité et de l’auctorialité dans un dispositif de production littéraire collaborative : le cas de l’expérience transmédia Anarchy.fr », Quaderni, no 91, 2016, en ligne
  • Conférences :

  • La fin de l'autorité ? Pour une philosophie politique du web, Conférence à l'ENSSIB (Lyon), écouter en ligne le podcast de la conférence.
  • Autorités numériques et post-vérité, Conférence prononcée à la Chaire LexUm en information juridique, le 11 avril 2017.
  • Projet connexe : Projet Profil.

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