Intermédialité

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La notion d’intermédialité renvoie à une pluralité d’approches théoriques étudiant les relations entre les médias. Ces approches se rejoignent dans la primauté qu’elles accordent à la relation – qui vient ainsi avant les termes –, dans l’attention qu’elles portent à la matérialité de la médiation et, depuis quelques années, dans l’adoption de perspectives anti-essentialistes qui s’opposent à une conception des médias comme formes à l’identité fixe. L'intermédialité s'intéresse entre autres aux pratiques intermédiales, sans s'y limiter.

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Élisabeth Routhier, « Performativité et éthique de la remédiation dans Dora Bruder, de Patrick Modiano », Itinéraires, avril 2017.

La disparition est-elle un événement ? Une fin ? Une figure ? Chez l’écrivain français Patrick Modiano, il semble qu’elle prenne plutôt la forme d’une invitation, d’un point de départ pour une écriture-quête se faufilant dans les mailles de la médiation. Le lien inextricable entre la disparition et la médiation est effectivement à la base de cette analyse de Dora Bruder, roman dont l’ouverture est particulièrement riche pour penser le geste d’écriture d’un point de vue intermédial. Après avoir présenté Dora Bruder comme l’espace d’une écriture-quête performative qui répond à un désir d’immédiateté, j’exposerai certains dispositifs traduisant une éthique de la remédiation. La question de la mémoire, inévitable, traverse à la fois l’écriture de Modiano et la mienne. Une mémoire protéiforme et dynamisée par l’auteur-narrateur.

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Peppe Cavallari, « Le Phonopostale et les sonorines : un échec riche d’idées », Cahier Louis-Lumière, 2016, p. 77‑86.

En réfléchissant sur un échec technologique retentissant comme celui du Phonopostale et de ses jolies sonorines, on peut s’interroger sur la relation qui, inévitablement, lie la conception d’un médium à ses usages ainsi qu’aux tendances théoriques et idéologiques prédominantes à une époque donnée. Au tournant d’une évolution socio-technologique qui, au début du siècle dernière, semblait aller vers l’oralisation simultanée, voire téléphonique, de la communication à distance, le Phonopostale constitue un objet étrange et perturbant, qui arrive en retard tout étant en avance sur le futur de support d’enregistrement et de communication. Les idées implicites dans ce dispositif posent des questions très anciennes et des questions nouvelles, dont l’intérêt devient encore plus évident à l’ère du numérique. Certaines application aujourd’hui très populaires exploitent le même principe du Phonopostale tout en les intégrant au téléphone, avec lequel le Phonopostale essayait de rivaliser. Cependant, cet échec technologique, prémonitoire et prématuré, nous démontre, comme le fait par ailleurs le développement de l’ergonomie de nos téléphones portables (qui aujourd’hui sont moins des moyens pour nous faire parler que des instrument d’écriture et d’enregistrement), qu’aucune perspective téléologie ne peut anticiper ce que sera la principale des voies de développement technologique arpentée par la communauté des usagers.

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Servanne Monjour, La littérature à l’ère photographique : mutations, novations, enjeux : de l’argentique au numérique, Montréal, Université de Montréal et Université Rennes 2, 2016, 477 p.

Désormais, nous sommes tous photographes. Nos téléphones intelligents nous permettent de capter, de modifier et de partager nos clichés sur les réseaux en moins d’une minute, tant et si bien que l’image photographique est devenue une nouvelle forme de langage. Réciproquement, serions-nous également tous écrivains ? Il existe en effet une véritable légitimité historique à penser que la notion d'écrivain, comme celle de photographe, s'étend le long d'un paradigme allant de la « simple » possession d'une aptitude technique jusqu'à la gloire des plus fortes figures de la vie culturelle collective. Cette thèse vise à déterminer comment se constitue une nouvelle mythologie de l’image photographique à l’ère du numérique, comprenant aussi bien la réévaluation du médium argentique vieillissant que l’intégration d’un imaginaire propre à ces technologies dont nous n’avons pas encore achevé de mesurer l’impact culturel sur nos sociétés. À cet égard, la perspective littéraire est riche d’enseignements en termes culturels, esthétiques ou même ontologiques, puisque la littérature, en sa qualité de relais du fait photographique depuis près de deux siècles, a pleinement participé à son invention : c’est là du moins l’hypothèse de la photolittérature. En cette période de transition technologique majeure, il nous revient de cerner les nouvelles inventions littéraires de la photographie, pour comprendre aussi bien les enjeux contemporains du fait photographique que ceux de la littérature. Nowadays, we are all photographers. Our smart phones allow us to take, edit and share our snapshots on social media in less than a minute, to the extent that the photographic image has become a new form of language. Reciprocally, have we all become writers as well? There truly is historical legitimacy in seeing the notion of the writer, like that of the photographer, as spanning a paradigmal spectrum, running from “simple” possession of technical aptitude, to the glory of the loftiest figures in our collective cultural life. This thesis aims to determine how the new mythology around the photographic image takes shape in the digital age, while also re-evaluating the aging medium of film, as well as integrating a newly imagined sphere of ideas surrounding these new technologies, for which we have yet to measure the cultural impact on our societies. In this respect, a literary perspective is rich in cultural and even ontological lessons, since literature has interacted with photography for nearly two centuries, and thus contributed to its invention : this is at least the central hypothesis of photoliterature. In this period of major technological transition, we must therefore identify photography’s new literary inventions, so that we can better understand the contemporary issues surrounding both the worlds of photography and literature.

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Colloque Écrivains, personnages et profils: l'éditorialisation de l'auteur

Colloque international
Les 24 et 25 mai à l’Université de Montréal
sous la direction de Bertrand Gervais, Servanne Monjour, Jean-François Thériault, Marcello Vitali-Rosati
Consulter le Site Web du colloque

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Réécrire la Transcanadienne à l'ère numérique

Comment penser l’espace à l’époque du numérique ? Ce projet a pour objectif d’explorer cette question en proposant des pistes de réflexion à la fois théoriques et pratiques. L'espace mythique de la Transcanadienne constituera tout autant le terrain d’étude que le terrain d’exploration de notre recherche.

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Le statut de l'auteur à l'ère numérique (FRQSC)

Les interrogations sur le statut de l’auteur à l’ère du numérique constituent un enjeu de société majeur qui concerne aussi bien les communautés d’écrivains que de lecteurs : puisque l’auteur est celui qui fait autorité, comment repenser le processus de validation et de légitimation des contenus littéraires aujourd’hui publiés en ligne ?

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Jean-Marc Larrue, Théâtre et intermédialité, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2015, 458 p., (« Arts du spectacle. Images et sons, 1564 »).

"Théâtre et intermédialité propose une première application en français, à grande échelle et sur des objets variés – analyses de spectacles, modes de production, discours théoriques – des concepts intermédiaux, ou de concepts repris par l'intermédialité, à l’univers du théâtre. Si les études intermédiales, qui sont nées dans le sillage de la « révolution numérique », ont à peine trente ans, les processus qu’elles contribuent à mettre au jour remontent bien au-delà de cette dernière vague technologique majeure. Le théâtre en offre une très bonne illustration. Art deux fois millénaire, le théâtre est l’une des pratiques intermédiales les plus anciennes et les plus connues. L’intermédialité désigne à la fois un objet, une dynamique et une approche. Comme objet, elle concerne les relations complexes, foisonnantes, instables, polymorphes entre les médias. Cela touche autant des valeurs, des protocoles, des savoirs que des technologies qui passent ainsi, selon les modalités les plus diverses, d’un contexte médial à un autre. Comme dynamique, l’intermédialité est ce qui permet l’évolution, la création et le repositionnement continuel des médias, parfois aussi leur disparition : la dynamique intermédiale produit aussi des résidus (qu’on pense à la machine à écrire). Il découle de cela la nécessité d’une approche originale susceptible de mieux comprendre cet objet et cette dynamique. Les dix-neuf articles de cet ouvrage, en même temps qu’ils explorent le théâtre selon une perspective intermédiale, montrent bien la diversité des phénomènes intermédiaux et des approches qu’on peut en avoir au théâtre comme dans d’autres pratiques."-- Page 4 de la couverture.

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