Virtuel

Éditer le chapeau

Le fait numérique a oeuvré en faveur d'une resémantisation du concept de virtuel - déjà habité par deux traditions (philosophiques et physiques) lui ayant donné des significations contradictoires. Penser le virtuel est aujourd'hui avant tout une responsabilité politique. Le sens politique des identités virtuelles, des communautés virtuelles, de la réalité virtuelle sera toujours affecté par une ambiguïté de fond : la virtualité de ces technologies sera d’une part une ouverture à de nouvelles possibilités de liberté et d’autre part une clôture, celle du contrôle et de la gestion des individus par un pouvoir centralisé.

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Marcello Vitali-Rosati et Peppe Cavallari, « Mouvement et cristallisations : l’actuel entre mythologie, cinéma et théorie du web », Cahiers Sens public, 2018, p. 33‑54.

Le rapport entre actuel et virtuel a été très problématisé dans l’ensemble de l’histoire de la pensée occidentale. À partir de la critique nietzschéenne de l’essentialisme, l’idée aristotélicienne de la primauté ontologique de l’acte (entelecheia) sur la puissance (dunamis) a été profondément mise en question : il n’y aurait pas d’essence, il n’y aurait que des actions. Ainsi, le mouvement, les dynamiques, le processus, auraient une priorité sur leur actualisation en essences qui ne serait qu’un contrecoup de la puissance. Cette structure de priorité de la dynamique sur l’actualité semble s’adapter particulièrement aux environnements numériques, toujours en mouvement. Pourtant, l’économie des notifications toujours plus nombreuses, ainsi que la permanence et l’enregistrement par défaut de tous nos actes, se révèle indispensable aux fins de la production du mouvement – qui serait en réalité fondé sur l’immobilité. Dans cet article, nous allons revenir sur le rapport entre actuel et virtuel pour souligner l’importance du concept d’actuel.

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Servanne Monjour, Matteo Treleani et Marcello Vitali-Rosati, « Ontologie du numérique. Entre mimésis et réalité », Sens Public, décembre 2017.

Ce dossier se conçoit comme un champ d’exploration des problématiques ontologiques du numérique, dans une perspective résolument interdisciplinaire, accueillant tout autant la philosophie, l’esthétique, les études littéraires, la sémiologie, la sociologie ou les sciences de l’information et de la communication. Des arts numériques à la littérature hypermédiatique, en passant par les webdocumentaires et les jeux vidéo, de nombreux domaines permettent en effet d’étudier ces dichotomies apparemment périlleuses entre représentation et réalité, réel et imaginaire, fiction et documentaire…

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Réécrire la Transcanadienne à l'ère numérique

Comment penser l’espace à l’époque du numérique ? Ce projet a pour objectif d’explorer cette question en proposant des pistes de réflexion à la fois théoriques et pratiques. L'espace mythique de la Transcanadienne constituera tout autant le terrain d’étude que le terrain d’exploration de notre recherche.

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Marcello Vitali-Rosati, « The Chiasm as a Virtual - A Non-Concept in Merleau-Ponty’s Work (with a Coda on Theatre) », in Merleau-Ponty and the Art of Perception, North Carolina University Press, 2016.

Philosophers and artists consider the relevance of Maurice Merleau-Ponty’s philosophy for understanding art and aesthetic experience. This collection of essays brings together diverse but interrelated perspectives on art and perception based on the philosophy of Maurice Merleau-Ponty. Although Merleau-Ponty focused almost exclusively on painting in his writings on aesthetics, this collection also considers poetry, literary works, theater, and relationships between art and science. In addition to philosophers, the contributors include a painter, a photographer, a musicologist, and an architect. This widened scope offers important philosophical benefits, testing and providing evidence for the empirical applicability of Merleau-Ponty’s aesthetic writings. The central argument is that for Merleau-Ponty the account of perception is also an account of art and vice versa. In the philosopher’s writings, art and perception thus intertwine necessarily rather than contingently such that they can only be distinguished by abstraction. As a result, his account of perception and his account of art are organic, interdependent, and dynamic. The contributors examine various aspects of this intertwining across different artistic media, each ingeniously revealing an original perspective on this intertwining.

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Marcello Vitali-Rosati, « Pornspace », Medium, 2016, p. 307‑317.

Du pornographique au numérique : homologie normative dans deux espaces contraints. La pornographie subvertit les règles de notre « espace principal » : elle implique ainsi la production d’un espace autre, celui que Foucault appelait « hétérotopie ». Beatriz Preciado a déjà souligné cet aspect en proposant le terme de « pornotopie ». L’hétérotopie est un espace réel mais parallèle à « l’espace principal » où se déroule la majorité de la vie sociale. [...]

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Servanne Monjour, « Les virtualités du sténopé dans « Le Retour imaginaire » d’Atiq Rahimi », in Jean-Pierre Montier, (éd.). Transactions photolittéraires, éd. Jean-Pierre Montier, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, (« Interférences »), p. 359‑371.

Depuis quelque temps déjà, le bruit court que nous serions entrés dans « l'ère du virtuel», sans que l'on sache très bien ce qu'une telle expression signifie - et qui, d'ailleurs, cache une grande confusion avec l'avènement des nouvelles technologies numériques. Si, incontestablement, l'outil numérique aura marqué le tournant du XXIe siècle, la révolution souvent promise se traduit par davantage de permanences que de ruptures: c'est ainsi que, dans le champ de la photographie, on n'en finit plus d'attendre la disparition définitive de l'argentique, dont la mort est sans cesse reprogrammée. [...]

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Marcello Vitali-Rosati, « Pour une définition du “numérique” », in Pratiques de l’édition numérique, Montréal, Presses Université de Montréal, 2014, p. 63‑75.

On ne peut pas parler d’édition numérique sans approfondir le sens du mot « numérique » lui-même. L’édition numérique fait partie d’une série complexe de pratiques qui jalonnent désormais notre quotidien. Une réflexion théorique à propos de ce mot est indispensable pour pouvoir comprendre les caractéristiques structurales des nouvelles pratiques éditoriales et leur rapport avec la dimension de plus en plus numérique de l’ensemble de notre culture. Ce chapitre a l’ambition de clarifier la signification d’un mot omniprésent dans notre langage dans le but de développer un esprit critique par rapport aux caractéristiques spécifiquement « numériques » des modèles actuels de production et de circulation des contenus.

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Marcello Vitali-Rosati, Égarements. Amour, mort et identités numériques, Paris, Hermann, 2014, 138 p., (« Cultures Numériques »).

Êtes-vous prêt à partir en voyage ? Une quête qui a pour but de répondre à une question qui d’universelle finit par sembler banale. Un voyage à la recherche de nos identités. Qui suis-je ? Ou plutôt: c’est quoi, moi ? Ici ni carte, ni plan. A l’écart des sentiers battus, il nous faudra naviguer jusqu’à l’égarement, à l’affût des traces que chacun laisse. L’égarement est la condition de possibilité de ce parcours. Sur ce chemin qui n’en est pas un, quelques étapes indispensables : l’amour, la mort. Comment contribuent-ils à produire notre identité ? De cet égarement en naîtra un second, en apparence bien plus dépaysant, celui qui nous mènera à parcourir l’espace virtuel engendré par nos existences numériques. C’est ici semble-t-il, entre profils, pseudonymes, avatars et traces numériques, que se joue aujourd’hui le jeu de l’identité.

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