Thomas Carrier-Lafleur

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Thomas Carrier-Lafleur est stagiaire postdoctoral Banting et chargé de cours à l’Université de Montréal. Il est notamment l’auteur de L’œil cinématographique de Proust (Classiques Garnier), Une Philosophie du « temps à l’état pur ». L’Autofiction chez Proust et Jutra (Vrin/Presses de l’Université Laval), et fait partie des comités de rédaction de Nouvelles Vues et Sens Public et est également membre du GRAFICS, de Figura, du regroupement Les Arts trompeurs, du CRIHN, de la Chaire de recherche du Canada en Études cinématographiques et médiatiques, de la Chaire de recherche du Canada en Écritures numériques et du partenariat international TECHNÈS. Ses recherches portent sur l’histoire littéraire des médias, les mythes de la littérature moderne, la production spatiale à l’ère du numérique et le cinéma québécois.

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Thomas Carrier-Lafleur, « Film Socialisme ou l’hybridité de l’écriture. Vers une nouvelle “caméra-stylo” ? », Fixxion, octobre 2013, p. 46‑59.

Aussi désireux d’entendre ses harmoniques que de pousser les paradoxes propres à la figure hybride de l’écrivain-cinéaste, le présent article proposera une enquête sur les modes d’existence de l’œuvre d’un artiste qui a toujours su se placer à l’extrême pointe du contemporain : Jean-Luc Godard. Plus particulièrement, sera proposée une analyse, volontairement exploratoire, de Film Socialisme, œuvre à deux têtes en ce que le film de 2010 s’accompagne d’un livre, Film Socialisme : Dialogues avec visages auteurs, publié la même année. Ce redoublement du film par le livre, et inversement, est l’occasion de nous questionner, à l’heure du numérique, sur les fruits qu’est à même de porter la transmédialité, c’est-à-dire la capacité d’une fiction à investir plusieurs champs et supports. En ce sens, sera proposé un portrait de Godard non seulement en tant qu’écrivain-cinéaste, mais, de façon plus primordiale encore, en tant qu’artiste des médiations.

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Thomas Carrier-Lafleur, « Fictions du vide. Scénario pour une enquête cinématographique et littéraire », @nalyses, vol. 8 / 2, 2013, p. 435‑465.

Le présent article, sous la double forme d’un scénario et d’une enquête, se veut une réflexion volontairement ouverte sur ce qui sera défini comme les « fictions du vide », sur leurs différents modes d’apparition et sur les diverses figures qu’elles sont en mesure de proposer. Le point de départ de l’enquête se construit depuis la reprise d’une pensée de Deleuze sur ce qu’il nomme la « petite forme » cinématographique, accompagnée d’exemples choisis dans la filmographie de Chaplin, de Lubitsch et de Mike Nichols. Le second moment de l’enquête sera littéraire, afin de suivre la trajectoire intermédiatique des fictions du vide et ainsi de rendre compte de leur capacité d’adaptation. Les œuvres considérées, pour des raisons différentes, seront À la recherche du temps perdu et Le Docteur Faustus. Ce parcours expressément bifurquant sera finalement l’occasion d’interroger la portée des fictions du vide en rapport avec l’acte même qui consiste à les interpréter.

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Thomas Carrier-Lafleur et Michaël Di Vita, « Laboratoire fictionnel en vue d’une philosophie romanesque de la nature. Ressouvenir proustien et reprise kierkegaardienne », Klesis. Revue philosophique, 2013, p. 51‑85.

Comment penser une philosophie de la nature en la rapportant à un individu existant ? Voilà le problème de ce texte. Mais d’abord, qu’est-ce qu’une philosophie de la nature ? Prenons l’exemple du jeune Schelling, celui de l’Introduction à l’Esquisse d’un système de philosophie de la nature : la philosophie de la nature s’y présente comme une «science nécessaire du système du savoir», une «physique, mais une physique spéculative» dont l’objet n’est pas tant l’organisation des corps tels que nous les percevons que les principes a priori que ces corps supposent.

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Thomas Carrier-Lafleur, « La pureté et la coexistence. Sur À tout prendre de Claude Jutra », Nouvelles vues. Revue sur les pratiques et les théories du cinéma au Québec, 2012.

Partant de la pensée hégélienne d'André Bazin sur l'histoire et l'esthétique du cinéma, le présent article souhaite étendre l'élasticité dialectique qui caractérise depuis ses débuts l'ontologie du septième art, en tentant de trouver une alternative entre l'illusion de la pureté et la nécessité de l'impureté. À partir d'une analyse volontairement ouverte du film À tout prendre (1963) de Claude Jutra, où le cinéaste québécois sera amené à dialoguer avec d'une part la poétique moderne de l'autofiction, et d'autre part la philosophie romanesque d'À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, il s'agira de définir le cinéma comme le médium de la coexistence.

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Thomas Carrier-Lafleur, « Introspection créatrice et comédie humaine. Proust, Balzac et Bergson », @nalyses, vol. 6 / 3, 2011, p. 235‑277.

En analysant la place que prend Honoré de Balzac dans l’oeuvre proustienne, cet article souhaite établir une comparaison stylistique entre l’auteur de la Comédie humaine et celui d’À la recherche du temps perdu. Le roman de Marcel Proust est riche des enseignements de l’entreprise balzacienne, ce qui ne veut pas dire qu’il ne tentera pas de la dépasser, au contraire. À l’aide du philosophe Henri Bergson, particulièrement avec son ouvrage Le Rire, sera ainsi expliquée la différence esthétique, voire poétique, entre les écrits de Balzac et ceux de Proust, le second reprenant le grand projet réaliste du premier pour le réfracter dans l’introspection créatrice de son héros-narrateur, ce qui fait de la Recherche une comédie humaine intérieure.

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Thomas Carrier-Lafleur, « Imaginaire médiatique et dynamique du regard dans l’œuvre proustienne », @nalyses, vol. 6 / 2, 2011, p. 233‑269.

Cet article propose d’analyser deux aspects majeurs, et pourtant méconnus, d’À la recherche du temps perdu : d’une part, celui d’« imaginaire médiatique », d’autre part, celui de « dynamique du regard ». Tous deux sont propres au XIXe siècle français, espace-temps d’inventions majeures pour notre modernité culturelle et artistique. Le texte proustien, un pied dans le XIEe siècle et l’autre dans le XXe, apparaît ainsi comme un catalyseur et comme un passeur. Le « temps retrouvé » de la Recherche, c’est aussi celui d’un XIXe siècle rendu sensible par le roman, médiatisé par l’œuvre. Le déploiement et la floraison de ces deux thématiques (la première questionnant la problématique de la mondanité et l’autre celle de l’imaginaire de l’œil et de la vision) seront relevés de façon générale dans la Recherche, puis on proposera deux études de cas ― sur le journal et sur la photographie ― qui viendront les illustrer.

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Thomas Carrier-Lafleur, « Le rôle des déceptions dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Autofiction, crise du sujet et montage identitaire », Études littéraires, vol. 42 / 2, 2011, p. 139‑159.

À la recherche du temps perdu raconte l’apprentissage du narrateur proustien, futur homme de lettres. Un parcours ponctué par d’innombrables déceptions pousse le héros vers le nihilisme. Ce sera ainsi jusqu’à la fin du Temps retrouvé. Cet enjeu des déceptions proustiennes sera d’abord étudié à travers le prisme de la formation littéraire du personnage, puis sous le signe de l’autofiction. C’est que les déceptions font tomber le narrateur dans une crise du sujet de laquelle il ne pourra sortir qu’en attribuant une nouvelle fonction de l’oeuvre littéraire, fonction qui sera nommée, quelques décennies plus tard, « autofiction ». Ce que l’on pourrait alors appeler « l’autofiction proustienne » pousse également l’auteur à user d’un autre concept que nous désignons par le terme de « montage identitaire », suivant une expression de Sophie-Jan Arrien et Jean-Pierre Sirois-Trahan, le « montage des identités », et à partir de la récente étude d’Anne Henry, La tentation de Marcel Proust.

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Thomas Carrier-Lafleur, Une philosophie du « temps à l’état pur » : l'autofiction chez Proust et Jutra, Paris/Québec, Librairie philosophique J. Vrin / Presses de l’Université Laval, 2010, 215 p., (« Zêtêsis : esthétiques »).

Cette étude s’inscrit dans la lignée des travaux sur l’autofiction. L’approche méthodologique en est une d’intermédialité littéraire et cinématographique sous l’éclairage conceptuel de la poétique et de la philosophie. Les deux objets d’étude sont le film À tout prendre (1963) du cinéaste Claude Jutra et le roman À la recherche du temps perdu (1913-1927) de Marcel Proust, cité par le cinéaste à un moment clé de son long métrage. Proust convie la philosophie, et plusieurs penseurs ont répondu à l’appel : Henry, Kristeva, Merleau-Ponty, Ricardou, Ricœur, Sartre et bien d’autres, dont Gilles Deleuze – aux travaux duquel ce livre est particulièrement attentif –, dans un premier temps, par son ouvrage Proust et les signes ; dans un deuxième temps, par ses deux écrits sur le cinéma, Cinéma 1 et Cinéma 2, respectivement sous-titrés L’image-mouvement et L’image-temps. L’" image-temps " s’est justement construite à même la matrice proustienne, à partir de l’expression " un peu de temps à l’état pur ", formule qui précède le passage du Temps retrouvé que Jutra incorpore dans À tout prendre. Le nouveau rapport au temps que met en lumière l’image-temps deleuzienne est ainsi redevable à l’esthétique d’À la recherche du temps perdu. C’est aussi grâce à cette filiation proustienne que Jutra a fait d’À tout prendre un film d’image-temps. Le présent essai s’emploie ainsi à démontrer qu’À la recherche du temps perdu est une autofiction, tout comme, par une secrète correspondance, À tout prendre, un film proustien donc, qui, par une remarquable inversion de la temporalité, révèle, philosophiquement, un côté Jutra de Proust et, radicalement, une commune expérience autofictionnelle du pouvoir créateur de l’art, seul capable d’engendrer le je véritable et la richesse surréelle de son monde.

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Thomas Carrier-Lafleur, « Proust et l’autofiction : vers un montage des identités », @nalyses, vol. 5 / 2, 2010, p. 1‑25.

À la recherche du temps perdu est l’histoire d’une crise identitaire, celle d’un sujet qui souhaite écrire, mais n’y arrive pas. Au Temps retrouvé, c’est la révélation finale : le narrateur a enfin compris certaines lois, qu’il devra observer et traduire avec son « télescope », c’est-à-dire avec son œuvre d’art entendue comme instrument ou comme machine. Ainsi, le personnage proustien est contraint à créer un dispositif original pour parler de soi, une nouvelle herméneutique du sujet, ce qui fait de la Recherche la première vraie autofiction avant la lettre. L’autofiction proustienne, par son travail sur notre « moi profond », combat la crise identitaire et le nihilisme pour proposer un nouveau montage des identités.

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