Auteurs et auctorialité

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Depuis les années 1990, les auteurs ont progressivement envahi la toile, investissant les blogues et les réseaux sociaux, expérimentant des formes hypermédiatiques inédites. Des communautés en ligne se sont formées, de même que des coopératives d’écrivains, opérant une reconfiguration évidente des rapports entre les instances auctoriale, lectrice et éditoriale. Ces nouvelles pratiques ont un impact certain, mais encore mal défini, sur l’ensemble de l’institution littéraire comme sur l'institution savante, et en particulier sur le modèle économique éditorial traditionnel. Face à ces mutations, que l’on peut désigner comme des formes d’éditorialisation, la tentation est grande de constater un affaiblissement de la figure auctoriale au profit de la multiplication des œuvres collectives, lesquelles ont par ailleurs remis en question le rôle institutionnel des maisons d’édition. Il est cependant possible d’observer, simultanément, l’émergence de pratiques d’écriture en ligne inédites où la figure auctoriale se met en scène, jouant des tensions entre l'auteur, l’écrivain, le personnage d’écrivain et la personne elle-même. Ce paradoxe est le point de départ de la réflexion sur le statut de l’auteur à l’ère du numérique, qui vise à mesurer l’impact effectif des nouvelles technologies sur le concept d’auctorialité.

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Séminaire Écritures numériques et éditorialisation - cycle 2015-2016

Cycle 2015-2016
L'éditorialisation du soi

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Servanne Monjour, « Dibutade 2.0 : la « femme-auteur » à l’ère du numérique », Sens Public, septembre 2015.

Prenant le parti d’étudier la culture numérique émergente selon des rapports de continuité plutôt que de rupture, cet article envisage la question de l’auctorialité féminine sur le web au regard du mythe antique de Dibutade. Il semble en effet que Dibutade, en sa qualité de figure fondatrice de nombreuses pratiques artistiques, nous permet de porter un éclairage tout à fait intéressant sur la façon dont certaines bloggeuses affirment leur statut de femme auteur, jouant rôle majeur et moteur dans l’émergence et la reconnaissance d’une littérature numérique (conçue en ligne, publiée en ligne). Les analyses conduites dans cet article entendent souligner le potentiel esthétique de certaines pratiques d’écriture en ligne souvent ignorées par les études littéraires : les profils Facebook, les blogues érotiques voire pornographiques.

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Séminaire Écritures numériques et éditorialisation - cycle 2014-2015

Cycle 2014-2015
Pratiques de recherche et de production de la connaissance

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Peppe Cavallari, « Âme et iPad de Maurizio Ferraris », Sens Public, octobre 2014.

Je commencerais par un avertissement : Âme et iPad met celui qui s'essaye à une recension devant un choix embarrassant, celui entre sa version papier, traduction de l'ouvrage en italien, et son inédite version numérique augmentée (disponible ici : http://www.parcoursnumeriques-pum.ca/ameetipad). L'édition augmentée fournit un texte « interactif » sollicitant l'implication et l'imagination du lecteur qui créé son propre parcours de lecture à l'aide d'un appareillage de contenus additionnels tels que des notes, des références, des vidéos (où l'auteur présente le livre, les différents chapitres et certains concepts clés). [...]

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Thomas Carrier-Lafleur, « Virtualités de Blaise Cendrars. La référence cinématographique à l’œuvre dans l’écriture du reportage », Trans-. Revue de littérature générale et comparée, octobre 2014.

S’intéressant essentiellement à sa production romanesque et à son activité journalistique, le présent article aborde la question de la référence cinématographique dans la vie et l’œuvre de Blaise Cendrars. À partir de Baudelaire et du « Peintre de la vie moderne », il sera d’abord question de la nature de l’artiste et de la figure du reporter à l’ère de la modernité des images mécaniques. Cette réflexion permettra ensuite de juger de la postérité du personnage baudelairien chez Cendrars, avec Dan Yack, son roman le plus énigmatique. Finalement, il sera montré en quoi le grand reportage de 1936 Hollywood, la Mecque du cinéma peut être lu comme un métareportage qui synthétise tous ces enjeux. C’est dans ce texte que Cendrars livre sa vision la plus audacieuse de l’art et de l’industrie cinématographiques, et que cette vision peut également servir de clé de lecture générale pour l’hétérogénéité de son œuvre littéraire.

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Marcello Vitali-Rosati, « Digital Paratext. Editorialization and the very death of the author », in Examining Paratextual Theory and its Applications in Digital Culture, IGI Global, Hershey, Nadine Desrochers and Daniel Apollon, 2014, p. 110‑127.

As shown by different scholars, the idea of “author” is not absolute or necessary. On the contrary, it came to life as an answer to the very practical needs of an emerging print technology in search of an economic model of its own. In this context, and according to the criticism of the notion of “author” made during the 1960–70s (in particular by Barthes and Foucault), it would only be natural to consider the idea of the author being dead as a global claim accepted by all scholars. Yet this is not the case, because, as Rose suggests, the idea of “author” and the derived notion of copyright are still too important in our culture to be abandoned. But why such an attachment to the idea of “author”? The hypothesis on which this chapter is based is that the theory of the death of the author—developed in texts such as What is an Author? by Michel Foucault and The Death of the Author by Roland Barthes—did not provide the conditions for a shift towards a world without authors because of its inherent lack of concrete editorial practices different from the existing ones. In recent years, the birth and diffusion of the Web have allowed the concrete development of a different way of interpreting the authorial function, thanks to new editorial practices—which will be named “editorialization devices” in this chapter. Thus, what was inconceivable for Rose in 1993 is possible today because of the emergence of digital technology—and in particular, the Web.

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Peppe Cavallari, « Après le dernier clic : que signifie mourir sur le web ? », Sens Public, janvier 2013.

L’expérience de la mort sur le web révèle un paradoxe évident, celui de sites ou de profils abandonnés par leurs ’propriétaires’, des pages qui deviennent alors des cadavres numériques, leur définitive inactivité équivalant à la mort. Il s’agit cependant d’une mort qui ne correspond pas à une disparition. Au contraire, nous sommes devant une mort temporaire, qui continue à être visible même si tout processus d’écriture, l’écriture polymorphe au fondement de notre existence numérique, s’est arrêté.

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Marcello Vitali-Rosati, « Écrire et écrit. Le journal comme atelier d’entraînement de la pensée », Pratiques de formation, 2013, p. 89‑95.

Le journal correspond à un atelier d'entraînement de la pensée où il devient possible de réécrire l'écrit. C'est-à-dire, c'est un lieu de flânerie, où l'auteur produit sa pensée et crée en toute liberté. Ce recueil d'idées déposées dans ce journal est l'essence de ce qui deviendra ensuite l'article, la thèse, le livre, où la forme et le contenu seront contraints par les règles orthographiques, grammaticales et syntaxiques. Le journal rend possible cette réflexivité immédiate et est garante de l'émergence de l'idée avant sa transformation et sa théorisation. The diaries is a training workshop of the mind where it is possible to rewrite the writing. That is to say, it is a place to scroll, where the author creates and produces his thoughts freely. This collection of ideas submitted in this diary is the essence of what later become the diary's thesis, the book, where the form and content will be constrained by the rules of spelling, grammar and syntax. Diaries makes this immediate reflexivity possible and guarantees the emergence of the idea before its transformation and theorization.

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Marcello Vitali-Rosati, « Quelles actions sur le web ? », in Gilles Rouet, (éd.). Usages de l’Internet, éducation et culture, éd. Gilles Rouet, Paris, L’Harmattan, 2013, (« Local et global »), p. 17‑25.

Le web est un espace d'action. Cette affirmation pose tout de suite une série de questions : en premier lieu, quelles sont les actions sur le web? On pourrait, en effet, être tenté de considérer le web comme un simple outil de communication : le web serait un média comme la radio, les journaux ou la télévision, mais un peu plus complexe techniquement et, en plus, caractérisé par le fait que la communication est bidirectionnelle - à savoir, chaque récepteur est aussi un émetteur. [...]

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Marcello Vitali-Rosati, « Auteur ou acteur du web ? », Implications philosophiques, juillet 2012.

Le web est un espace d’action. Cette affirmation, qui sera la thèse fondamentale de ces pages, pose tout de suite une série de questions. En premier lieu, quelles sont les actions sur le web ? Ensuite, qui est l’acteur ? Parle-t-on d’acteurs ou d’auteurs ? Je ne pourrais prétendre donner ici une réponse à ces questions ; l’ambition de cet article se limite à en illustrer les enjeux pour approfondir la compréhension de notre monde numérique.

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