Production des contenus

Éditer le chapeau

Si l’édition numérique est devenue un atout majeur pour la production des textes, elle lance cependant de nouveaux défis techniques à la littérature comme à la recherche, alors même que l’ensemble du processus d'écriture et de création est entièrement remodelé. Des changements significatifs sont à l'oeuvre dans les dispositifs éditoriaux contemporains, et les nouvelles technologies entraînent des mutations culturelles majeures. Le livre a en effet été, pendant plusieurs siècles, le principal support de diffusion des contenus littéraires et savants. Or le numérique se présente comme un nouvel environnement-support qui reconfigure la façon dont ces contenus sont produits, sont mis en forme et circulent. Cet axe de recherche analyse ces mutations à l'oeuvre tout en proposant des outils de production des contenus littéraires et savants.

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Thomas Carrier-Lafleur, André Gaudreault, Servanne Monjour[et al.], « L’invention littéraire des médias », Sens Public, avril 2018.

Les médias existeraient-ils sans la littérature ? Pourrait-on parler de « télévision », de « photographie », de « cinéma » ou du « numérique » sans que ces dispositifs aient aussi été construits, institutionnalisés et même parfois déconstruits dans l’imaginaire collectif par la littérature et son discours ? À l’heure où le numérique semble encore s’inventer, le présent dossier vise à souligner le rôle du fait littéraire dans la construction de nos médias. En même temps, l’hybridation médiatique de notre contemporanéité numérique rend nécessaire une réflexion sur la capacité des médias à se réinventer réciproquement, renouvelant chaque fois l’ordre du discours et la fonction de la littérature. En raison de sa capacité à témoigner de l’hétérogénéité de notre univers médiatique, la littérature offre un terrain privilégié – où tout reste encore à faire – pour mener une telle recherche.

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Marcello Vitali-Rosati, « À quoi servent les publications scientifiques? », La vie de la recherche scientifique, 2018, p. 19‑22.

Les publications ont pour rôle de produire des espaces où peuvent se former des communautés capables de converser et d’échanger sur des sujets scientifiques. Plus que réseaux de textes, elles doivent être réseaux d’intelligences. A l’heure où les dispositifs d’évaluation des carrières se font de plus en plus sur les « lignes » de CV et le classement des revues, il est urgent pour la communauté scientifique de se reposer la question de quels seraient aujourd’hui les meilleurs espaces pour rendre possible la grande conversation scientifique.

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Benoît Epron et Marcello Vitali-Rosati, L’édition à l’ère numérique, Paris, La Découverte, 2018, 128 p., (« Repères »).

Le numérique est en train de remodeler l’ensemble du processus de production du savoir, de validation des contenus et de diffusion des connaissances. En cause : l’émergence de nouveaux outils et de nouvelles pratiques d’écriture et de lecture, mais aussi un changement plus global que l’on pourrait qualifier de culturel. Les éditeurs ont posé en termes tantôt apocalyptiques tantôt technophiles un grand nombre de questions, notamment sur l’avenir du livre, les modes d’accès à la connaissance, la légitimation des contenus en ligne et les droits d’auteur. Cet ouvrage propose un état des lieux de l’impact effectif des mutations technologiques sur l’édition, à partir de trois fonctions principales des instances éditoriales : la production des contenus, leur circulation et leur légitimation. Cet ouvrage combine une approche académique de compréhension des modèles, une observation empirique des pratiques et usages et une analyse des logiques stratégiques déployées dans ce secteur.

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Marcello Vitali-Rosati et Nadine Desrochers, « L’écrivaine, l’écrivain en recherche. Perceptions et approches », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 9 / 2, 2018.

Les figures de l’écrivaine et de l’écrivain ne cessent de susciter de l’intérêt. La mort de l’auteur, annoncée par Foucault et Barthes dans les années 1970, ne semble pas avoir diminué l’aura qui entoure cette figure. L’auteur est peut-être mort, mais il écrit encore, disait Benoît Bordeleau dans un billet de blogue. On pourrait ajouter : l’auteur est peut-être mort, mais les écrivains charment encore. Que sont aujourd’hui les écrivaines et les écrivains? Comment sont-ils perçus et représentés à une époque où le web ouvre de nouvelles formes d’auctorialité et de nouvelles expressions créatives? [...]

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Marcello Vitali-Rosati et Peppe Cavallari, « Mouvement et cristallisations : l’actuel entre mythologie, cinéma et théorie du web », Cahiers Sens public, 2018, p. 33‑54.

Le rapport entre actuel et virtuel a été très problématisé dans l’ensemble de l’histoire de la pensée occidentale. À partir de la critique nietzschéenne de l’essentialisme, l’idée aristotélicienne de la primauté ontologique de l’acte (entelecheia) sur la puissance (dunamis) a été profondément mise en question : il n’y aurait pas d’essence, il n’y aurait que des actions. Ainsi, le mouvement, les dynamiques, le processus, auraient une priorité sur leur actualisation en essences qui ne serait qu’un contrecoup de la puissance. Cette structure de priorité de la dynamique sur l’actualité semble s’adapter particulièrement aux environnements numériques, toujours en mouvement. Pourtant, l’économie des notifications toujours plus nombreuses, ainsi que la permanence et l’enregistrement par défaut de tous nos actes, se révèle indispensable aux fins de la production du mouvement – qui serait en réalité fondé sur l’immobilité. Dans cet article, nous allons revenir sur le rapport entre actuel et virtuel pour souligner l’importance du concept d’actuel.

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Marcello Vitali-Rosati, « Mais où est passé le réel ? Profils, représentations et métaontologie », MuseMedusa, 2018.

Mais où est passé le réel ? C’est une question apparemment éternelle qui, dans un contexte contemporain marqué par les médiations numériques (réseaux sociaux, dispositifs de réalité virtuelle, réalité augmentée, etc.), retrouve aujourd’hui un sens et une valeur singuliers. Le mythe de Dibutade, en tant que mythe d’origine d’une forme particulière de représentation, celle du profil, me semble particulièrement adapté pour poser la question du réel aujourd’hui à partir notamment des expériences d’« écriture profilaire » que l’on voit se multiplier sur le web. Sera proposée dans cet article une interprétation de l’écriture de profil avec une approche philosophique que l’auteur appelle « métaontologie ». L’ambition de la métaontologie est de repenser le statut du réel après la déconstruction de ce concept qui a été opérée à la fin du XXe siècle dans ce mouvement de pensée, hétérogène et multiple, auquel on fait référence sous l’étiquette – par ailleurs très problématique – de « post-structuralisme ».

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