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Colloque « Le choix dans les cultures de l'imaginaire »

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28 octobre 2022
Emmanuelle Lescouet co-organise, le 28 octobre 2022 à la Maison des Sciences et de l’Homme en Bretagne, le colloque « Le choix dans les cultures de l'imaginaire » avec le Laboratoire des imaginaires.

Pilule bleue, ou pilule rouge ? Neo fait son choix, et en assume les conséquences ; mais si le spectatorat de Matrix est forcé d’observer les conséquences de ce choix opéré par le personnage, il n’est pas obligé de le suivre, et peut tout aussi bien imaginer ce qu’aurait été l’envers de l’histoire si Neo n’avait pas eu le même avis, ou s’il avait été à sa place.

Cet espace de liberté présenté ici au personnage comme au spectatorat, c’est l’essence même du choix, dont on pourrait donner la définition suivante : à savoir le résultat de l’exercice de la raison, des goûts, ou des valeurs, fait avec ou sans la connaissance des multiples causes et conséquences qu’elle unit en un point de convergence.

À ce titre, le choix fait partie intégrante du vécu quotidien, depuis le vote politique jusqu’aux choix de consommation, du choix de vêtements aux choix des mots. Mais il revêt une coloration particulière dans les domaines de la fiction, parce qu’il y est vécu par procuration (Goffman, 1967 ; Di Filippo, 2016). Le personnage est le premier à y expérimenter des dilemmes et autres moments décisionnels critiques qui façonnent son caractère et sa personnalité ; mais il n’est qu’une marionnette (Blanchet, 2008) avec laquelle jouent tout autant l’auteur·rice que le·a lecteur·rice, dans un mouvement qui fait de leur action un jeu, et de la fiction un espace d’expérimentations.

Plonger dans la fiction devient alors l’occasion de jouer avec l’idée même du choix, de découvrir toutes ses facettes et potentialités. Par extension, l’œuvre elle-même devient une mise en abyme des différents niveaux possibles d’un choix. On peut en faire une liste non exhaustive comme suit : existent d’abord les choix faits par les instances créatrices, choix qui déterminent ceux des personnages, qui eux-mêmes déterminent (ou non) ceux des récepteur·rice·s, eux-mêmes influençant les créateur·rice·s, etc. À leur origine même (axe 1), en effet, des décisions doivent être prises pour faire exister l’objet culturel tel qu’il peut être expérimenté. Puis le récit lui-même -- ou les enjeux de son univers -- se crée et se développe à travers des décisions intradiégétiques (axe 3). Vient alors le niveau du·de la récepteur·rice (axe 2) : leurs actes font vivre les œuvres, les impliquant par là dans sa co-création (Eco, 1993). Ainsi défini, le choix se montre présent dans toute œuvre ; mais il est particulièrement visible dans les cultures de l’imaginaire, qui l’exacerbent, parce qu’elles ont conscience de l’espace de liberté qu’il propose.

C’est ce foisonnement de potentialités propre à la notion de choix que l’on se propose d’étudier dans le cadre de cette journée d’études. Afin de le considérer de la manière la plus exhaustive possible, cet appel espère questionner tous les médias culturels, tant littéraires que cinématographiques, graphiques, vidéoludiques, sonores, matériels ou autres. N’hésitez pas à ouvrir les propositions et exemples mentionnés ci-dessous.

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