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Colloque « La connaissance intranquille »

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3 juin 2022

Le 3 juin 2022, à 8 h 30 (HE), Margot Mellet présente une communication intitulée « Le savoir intranquille du texte numérique : restituer une intimité avec son texte à l'écran » au colloque « La connaissance intranquille » oragnisé par l'Organon, collectif de recherche et de création issu de la Chaire McConnell-Université de Montréal sur les récits du don et de la vie en contexte de soins. Lien à venir !

Si nombreuses créations ou éditions numériques se posent en mimétisme par rapport au support papier (recréant le format d'une page A4, la structure d'un contenu en pages, etc.), le numérique peut être investi comme un espace où renégocier les caractéristiques de ce qu'est un texte et de ce qui fait littérature. L'architecture de ce média (entre hybridité, strates d'écritures, modularité des inscriptions qui semblent effaçables et réinscriptibles à l'infini), mais aussi la méconnaissance que nous pouvons avoir de son fonctionnement nous dépossèdent en quelque sorte du texte dans le numérique.

Entre ce qui nous est montré à l'écran, le rendu Web, et ce qui constitue concrètement ce texte, ses coulisses techniques, réside un monde d'intranquillité. Penser le texte à l'écran demande de prendre conscience de sa matérialité numérique -- et notamment du format qui le détermine (DOCX, PDF, TXT ou autre) -- mais également de la déliaison fondamentale entre texte et média. Mon écran peut être brisé, mon clavier en morceau, ma batterie à plat, mon texte ne sera pas atteint *à la lettre* ; cependant un crash, un bogue ou un hack de mon fichier viendront corrompre ses mots sans pour autant que mon écran, mon clavier, ma machine ne soient concernés. La santé du texte se situe en réalité au-delà de son interface de lecture ou d'écriture, elle dépend du format qui décide de son accessibilité. Ce format, je n'en suis cependant pas l'auteur.e. Ma machine numérique d'écriture ne me rend pas propriétaire du texte que j'écris pourtant sur son interface. Inversement je n'ai pas besoin d'être Bill Gates ou Paul Allen pour écrire mon texte en DOCX. Pour revendiquer la propriété sur ce dernier, je devrai cependant usurper leurs identités. Où situer alors notre rapport d'intimité au texte ?

Aller au-delà du rendu à l'écran, dans l'illisibilité du texte numérique (dans les langages d'encodage), dans cet espace intermédiaire entre humain et machine, aller à la rencontre de l'intranquillité du texte numérique, est un processus de recherche autant que de création d'une intimité littéraire. Je souhaite dans cette communication approfondir cette idée d'un savoir intranquille dans l'expérience d'une intimité avec le texte numérique.

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